Le fichier d’instructions du projet
À la racine, versionné, relu en PR comme du code. Il contient les commandes, les conventions et les interdits. Quand quelqu’un s’en écarte, la discussion porte sur le fichier, pas sur la personne.
Pratiquer · au-delà de ta machine
Seul, tes mauvaises habitudes ne coûtent qu’à toi. En équipe, elles se multiplient : le code arrive plus vite que la capacité à le relire, chacun a ses propres règles, et personne ne sait vraiment ce que l’IA a écrit.
Le déséquilibre central : l’IA accélère énormément la production de code, très peu sa relecture. Une équipe qui ignore ça se retrouve avec une file de PR impossible à traiter, et finit par valider sans lire.
1 · Le socle commun
Si chacun a son propre fichier d’instructions dans son coin, le code produit diverge autant que les configurations. La règle projet doit vivre dans le repo, comme le reste.
À la racine, versionné, relu en PR comme du code. Il contient les commandes, les conventions et les interdits. Quand quelqu’un s’en écarte, la discussion porte sur le fichier, pas sur la personne.
Tes préférences de style de réponse, tes raccourcis, ta config d’outils : ça reste chez toi. Ne pollue pas le repo avec des goûts individuels.
Les interdits critiques (secrets, force push, fichiers sensibles) doivent être des règles bloquantes ou des hooks, identiques pour tout le monde — pas une consigne que chacun applique à sa façon.
Un piège découvert en review devient une ligne dans le fichier d’instructions. C’est comme ça qu’une équipe capitalise au lieu de répéter les mêmes corrections.
Un bon fichier de règles fait gagner des jours à quelqu’un qui arrive : il donne le contexte que l’agent utilisera, et que l’humain lira aussi.
Un fichier de six cents lignes n’est respecté ni par l’agent ni par l’équipe. Découpe par domaine et garde l’essentiel.
2 · La review
Ce n’est pas la même activité que relire du code humain. Les erreurs ne sont pas au même endroit, et le volume est plus élevé.
| Code humain | Code assisté par IA | |
|---|---|---|
| Erreurs typiques | Étourderies, cas oubliés, raccourcis assumés | Code plausible mais faux, API inventée, cas limites bâclés |
| Apparence | Parfois brouillon, souvent cohérent avec l’intention | Toujours propre et bien nommé, ce qui endort la vigilance |
| Volume | Proportionnel au temps passé | Peut être énorme pour un petit besoin |
| Question clé | « Est-ce que c’est bien fait ? » | « Est-ce que ça fait bien ce qu’on voulait, et rien d’autre ? » |
La règle qui compte le plus. Une PR de mille lignes ne sera pas relue, elle sera approuvée. Découper est la responsabilité de l’auteur, pas du reviewer.
La description doit dire pourquoi ce changement existe et ce qui a été vérifié. Un résumé du diff généré automatiquement n’apporte rien au reviewer.
Ouvrir une PR signifie « j’ai lu et je réponds de ce code ». Si l’auteur ne peut pas expliquer une ligne, elle ne devrait pas être là.
Lint, types, tests, revue automatique : tout ce qui est mécanique doit être attrapé avant l’humain, pour que la relecture porte sur le fond.
3 · Le cadre
Sans discussion explicite, chacun improvise sa propre limite — et ça finit en conflit au premier incident. Mieux vaut trancher à froid.
Les questions qui méritent une réponse d’équipe, écrite quelque part :
4 · La documentation
Le contexte qu’un agent reconstruit à chaque session est perdu à chaque fois. En équipe, ce qui n’est pas écrit n’existe pas.
Documenter « pourquoi on a choisi ça et ce qu’on a écarté » a une vraie valeur. La description de ce que fait le code se périme et se relit dans le code.
Un agent écrit une doc claire en deux minutes à partir d’un diff. Il peut aussi inventer une justification plausible : c’est à toi de valider le « pourquoi ».
Une documentation fausse fait perdre plus de temps que son absence — humains comme agents s’y fient. Mieux vaut peu de doc à jour que beaucoup de doc périmée.
Vérifie que c’est acquis
Depuis que l’équipe utilise des agents, les PR sont deux fois plus nombreuses et beaucoup plus grosses. Quel est le vrai risque ?
À retenir
Écrire du code n’est plus le goulot d’étranglement : le comprendre et le valider l’est devenu. Des règles partagées dans le repo, des PR petites, une intention expliquée et un auteur qui répond de son diff — c’est ce qui permet à une équipe d’aller vite sans accumuler de dette invisible.